Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Les choses étant ce qu'elles sont, tout va aussi bien que possible - 2009
Things being as they are, everything is as right as can be
Crée le 22 janvier 2009 avec le Théâtre de la Marionnette, au Théâtre du Fil de l'eau à Pantin
du 24 au 26 septembre 2009 au Festival mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières
English below
Conception, mise en scène et interprétation : Claire Heggen
Collaborations artistiques: Valérie Deronzier - dramaturgie, Yves Marc - gestuelle, Philippe Rodriguez-Jorda - manipulation de marionnette. Musique : Michel Musseau. Lumières : Gérald Karlikow. Conception plastique : Etienne Bideau-Rey. Costume : Jean-Jacques Delmotte
Dans le cadre de la résidence départementale Fais un gestesur Bagnolet, Pantin et Saint Ouen, avec le soutien du Conseil Général de Seine-Saint-Denis.
LE PERSONNAGE
Contrairement à l'habitude et l'histoire du Théâtre du Mouvement où les personnages se déduisent et apparaissent au fur et à mesure des recherches et de la création ; ici il s'agit de trouver le scénario d'une histoire à partir d'un personnage déjà existant. Il s'appelle “l'aviateur sans ailes”, il vient tout droit de la pièce Siège créée en 1994 par la compagnie.
Pourquoi l'aviateur? Parce qu'il porte un couvre-chef d'aviateur bien sûr, mais aussi parce qu'il veut toujours s'élever, s'enlever, s'envoler? Il est dans l'utopie du vol. Sauf qu'il n'a pas d'ailes pour s'abstraire d'une réalité universelle indifférenciée.
Aujourd'hui, il est plongé dans une réalité qui n'est pas la sienne et ne cesse de lui poser des questions auxquelles il apporte toujours des solutions inadaptées. C'est un personnage décalé, décentré, déplacé, pièce rapportée ou chainon manquant. Il ne trouve pas sa place car il n'a pas de place.
Il ne la trouve que dans le déplacement, sa place c'est l'objet qui la lui définit, dans ce que l'objet lui fait faire. L'objet le déplace, il ne trouve sa place qu'en se mettant au service de l'objet, de l'autre. L'objet est central et lui n'en est que l'accessoire, le serviteur, le servant discret.
Les objets, les matériaux dans leur réalité incontournable ne sont là que pour lui poser la question de sa propre existence si ce n'est son identité. Entre physique et métaphysique, il opte assurément pour la pataphysique.
Figure de l'altérité, de l'étranger, le monde lui paraît étrange, absurde. Il l'observe d'une manière particulière et y répond de façon inattendue, inadéquate, retardée, inversée, souvent compliquée. Il révèle un univers parallèle qu'il nous donne à voir en lieu et place du traditionnel quotidien. Il habite nulle part et partout. Comme toute personne déplacée, il ne se sent jamais au bon endroit, ne comprend pas les règles de fonctionnement du monde qui l'entoure, sa langue, ses codes invisibles jusqu'aux lois de la gravité terrestre.
Il est le petit cousin de Harpo Marx, Buster Keaton et Jacques Tati.
INTENTIONS DRAMATURGIQUES
Les choses étant ce qu'elle sont... il assiste à la fin d'un monde, où tout s'écroule, se défait. Quel monde? celui qui l'entoure, mais aussi le sien, celui de sa propre vie - il n'est plus tout jeune et il a vécu tant de choses. Entre l'incessant désir de s'élever et la promesse d'un inéluctable déclin, il constate que son espace vital s'amenuise. Il s'en accommode comme il peut, il “fait avec “ les restrictions, la réduction, les contraintes incompréhensibles jusqu'à peut-être disparaître, mais, toujours ... tout va aussi bien que possible.
LA GESTUELLE
Tout est décalé chez le personnage. Son corps par exemple n'est jamais dans l'axe, il y a toujours une partie de son corps excentrée. Sa gestuelle est inversée, excentrique, donc. Il ne prend pas un verre c'est le verre qui le prend, il est “bu par le verre”. Il ne se gratte pas le menton, c'est le menton qui se gratte à la main. Il ne s'assied pas sur une chaise, il se décompose vers la chaise.
Son corps s'étend et se ramasse du plus haut au très bas par brusques étapes intermédiaires. Il alterne, sous le coup de l'émotion, rythme trépidant et intenses immobilités improbables. Perpétuellement dans l'étonnement, il écoute regarde et réagit à la moindre sollicitation extérieure comme si sa vie en dépendait. Puis y répond par une activité complexe apparemment désordonnée, de toutes façons inefficace.
MATÉRIAUX ET ESPACES MÉTAPHORIQUES. OBJETS
“Rien dans les mains, rien dans les poches”. tout se transforme à vue d'oeil de spectateur.
A partir de matériaux simples, récupérés dans l'espace urbain, le personnage re-crée un monde imaginaire en perpétuelles mutations, et s'invente une nouvelle vie, d'autres manières d'habiter la ville.
Quand le personnage manipule les objets et les matériaux, l'espace en est transformé et le manipule en retour. Son idée fixe, c'est les points fixes, la fixation. D'exil en exil, il parcourt l'espace, emportant dans son errance les outils du géomètre et du maçon pour tenter de bâtir sa maison en lieu sûr (fil à plomb, mètre pliant, niveau à bulle) rien ne tient, le monde se dégrade autour de lui. Attention chute d'objets. Aux prises avec les objets, il chute à travers eux, pour eux. Il tombe dans des abîmes de perplexité, de doute et d'interrogation sans fin.
Il regarde les objets, les objets le regardent, il se sent observé par eux et ça le renverse. Il leur invente des intentions renouvelées à chaque coup d'oeil porté et ça le trouble.
UNE PETITE MARIONNETTE
Sa veste fourre-tout à larges et profondes poches est son habitation. Celle-ci abrite entre autres choses une petite marionnette itinérante, sorte d'hôte plus ou moins indésirable, tour à tour mauvais génie, ange gardien, conscience intermittente. Minuscule double du personnage, elle peut par moment rentrer en conflit avec lui, transformant la veste en champ de bataille, afin de se l'approprier. Elle s'envole enfin, à la disparition du premier, laissant la veste désertée.
UNIVERS SONORE
Forte présence d'une bande-son marquant l'environnement urbain dans lequel évolue le personnage. Par moments le “son urbain” prend le statut d'interlocuteur avec lequel le personnage dialogue, s'affronte, se trouve manipulé.
A l'inverse, le personnage, silencieux, ou condamné au silence (pas de texte) s'exprime par une voix, là-aussi décalée par l'utilisation de la “pratique (instrument utilisé par les montreurs de marionnettes pour changer leur voix) ou par onomatopées. Il lui arrive aussi d'utiliser les éléments qui l'entourent pour produire un environnement musical distancié par rapport à l'espace sonore de la ville (frottements, percussions, caresses, raclements, ...)
Quelques fois, il se confie à sa scie musicale le temps d'une nostalgie, d'un rêve ou d'un aillleurs perdu.
Production Théâtre du Mouvement - coproduction Et qui libre/ Marionnettissimo et avec le soutien d'Usinotopie, Théâtre de la Marionnette à Paris, l'Institut International de la Marionnette de Charleville-Mézières, la Ville de Pantin, le Tas de sable-Ches Panses vertes, pôle artistique régional en Picardie, centre de développement des arts de la marionnette.
Le Théâtre du Mouvement est conventionné par le Ministère de la Culture – DRAC Ile-de-France, en résidence départementale sur Bagnolet, Pantin et Saint-Ouen, avec le soutien du Conseil Général de Seine-Saint-Denis et avec le cofinancement du Conseil Régional d'Ile-de-France.
English Version
THE CHARACTER
The « Théâtre du Mouvement » changes the course of its own history,altering the custom of creating characters gradually emerging from research and acting processes. This time, the issue is to find a storyboard starting from an already existing character called « the wingless aviator », coming straight out of « Siège » - a piece created back in 1994.
Why an aviator ? Because he wears an aviator's headgear of course, but also because he has a never-ending desire to rise up, to take off, to fly. He lives in a kind of pipe dream, a fantasy of flight. Except he has no wings to abstract himself from the universal reality .
He finds himself immersed in a reality he doesn't understand, constantly bringing him face to face with endless questions. Unfortunately, the solutions he finds are always inappropriate. He is an unrealistic, off centred, displaced character.
He can't find his proper place for he has none.
There is no getting away from this reality of objects and materials ; these are continually in his way to question his own existence and identity. Having to choose between physics and metaphysics, he definitely goes for (pataphysics) – the physics of the imaginary. Le mot existe dans la partie français anglais du dictionnaire mais pas dans l'anglais français: j'ai donc des doutes sur son utilisation!
The world appears as strange, absurd to him – the other, the stranger. He observes it in his own peculiar way and responds to it in a rather unexpected, inadequate, delayed or reversed – in any case complicated way. He reveals a parallel world, which he displays before our very eyes rather than what we call everyday life. He lives nowhere and everywhere.
As all displaced people, he never feels adequate, doesn't understand how the surrounding world operates : its language, its invisible codes, up to and including the law of gravity.
He belongs to the family of Harpo Marx, Buster Keaton and Jacques Tati.
DRAMATIC INTENTIONS
Things being as they are... he witnesses the end of an all-collapsing, falling apart world. Which world ? The one surrounding him but also his own inner world, his own life. He's not young anymore, he has been through so much already. Caught between his constant desire to rise up and the promise of an unavoidable decline, he notices the dwindling of his vital space. He puts up with it the best he can, he gets used to restrictions, reductions, the senseless restraints which will eventually bring up his vanishing. But, as always...everything is as right as can be.
MOVEMENT
This character is out of touch with reality. His body, for example, is never lined up – part of it is always off centre.
His movements are reversed, therefore eccentric (or: His way of moving himself around is weird, eccentric).
He doesn't scratch his chin, but his chin scratches itself against his hand. He doesn't sit on a chair, he collapses piece by piece towards the chair.
His body stretches and crouches from highest to lowest in sudden jerks. Being emotional, he goes from a hectic rhythm to an intense and improbable stillness. He listens in a constant state of amazement, he looks and reacts to the least outer event as if his life depended on it.
He then gives some kind of complex and seemingly incoherent response, quite useless in any case.
MATERIALS AND METAPHORICS SPACES
OBJECTS
« Empty hands, empty pockets ». Everything changes form in the spectator's eye. Starting from simple materials picked up from the urban space, the character re-creates an imaginary and ever-changing world, invents many different ways to live in the city.
As the character manipulates objects and materials, the scenic space changes and manipulates him in return. Dealing with objects , he falls through them, for them.
He dives in abyssal perplexity, doubt and endless questioning. He looks at objects, objects look back at him : he feels they observe him, which produces a disconcerting feeling. Each glance towards an object generates in his imagination a new deliberate intention the object would have ...and that disturbs him.
A SMALL MARIONETTE
His home consists of a carryall jacket, with its large and deep pockets. Amongst other things, it shelters a small marionette, some kind of guest though not quite wanted, becoming, in turn, an evil genius, a guardian angel or a Jiminy Cricket – the voice of his conscience. A tiny double of the character, it comes to oppose him at times, turning the jacket into a battlefield in order to make it its own.
At last, it takes off as the character vanishes, abandoning the jacket, empty.
SOUND WORLD
Strong presence of a soundtrack figuring the urban environment in which the character moves around. At times, the « urban sound » becomes an actual partner with whom the character converses or fights with, or finds himself manipulated by.
At other times, the silent character expresses himself with a distorted voice or through meaningless sounds.
He sometimes uses elements surrounding him to produce a kind of musical environment, in distant relation to the strong presence of city sounds (rubbing, percussions, stroking, scraping...).
He likes to confide in his musical saw as nostalgia seizes him, or when the dream of an unreachable elsewhere beckons...
Publié le 2007-10-14
Source Texte : Théâtre du Mouvement (http://www.theatredumouvement.com)
Genre :
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) :
Passage(s) : Pantin 93500 , Montréal , Sevran 93270 ,
Source Artishoc : Théâtre du Mouvement - http://www.theatredumouvement.com
A voir :