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L'histoire du mime
À travers les siècles, le mime, ou plutôt les arts du mime, ont oscillé entre deux tendances majeures : un art du muet et un art du silence, interrogeant différemment le rapport aux mots et au langage.
Une commande à Claire Heggen et Yves Marc de réaliser un spectacle sur l'Histoire du Mime a motivé une recherche particulière.
Au début, livresque et filmique, celle-ci a pris des allures très pratiques jusqu'à la réalisation scénique de « Faut-il croire les mimes sur parole ? » en 2003 et Blanc sous le masque en 2004.
Cette histoire troublante tissant son chemin entre les interdits, la religion, les pouvoirs de tous ordres, dialoguant avec le théâtre et la danse expressive donne un éclairage particulier sur le statut très informel, le caractère nomade et la difficulté d'identification d'un mime contemporain.
Un art du geste :
de la pantomime muette au mime silencieux
À travers les siècles, le mime, ou plutôt les arts du mime, ont oscillé entre deux tendances majeures : un art du muet et un art du silence, interrogeant différemment le rapport aux mots et au langage. L'art du muet apparaît dans des circonstances précises : handicap, méconnaissance de la langue, interdits de la parole, contrainte technique. Cet art du muet peut se rencontrer sous le nom de pantomime ou pantomime blanche. Le geste y est descriptif, explicatif, le mot pouvant servir de sous-titrage au geste. La pantomime est donnée à décoder geste par geste.“L'art du silence prend sa source dans le silence de la vie“ dit Jean-Louis Barrault. Dès le début du siècle, les recherches de certains artistes conduisent cet art à s'écarter volontaire-ment du sens littéral, à s'éloigner de la référence mimétique pour redonner au corps et au geste une dimension polysémique, offrant ainsi au spectateur de nouveaux champs imaginaires et d'interprétation. Un affranchissement entamé par Étienne Decroux entre autres dans les années 30, qui se généralise à partir des années 70-80, en prenant plus volontiers le nom d'art du geste ou théâtre gestuel. Le théâtre gestuel travaille aujourd'hui sur les comportements humains hors parole, étudie les états de corps, analyse le mouvement et objective le corps de l'acteur. Son vocabulaire et ses grilles d'analyse nourrissent le théâtre contemporain quand celui-ci quitte son réalisme ou la danse quand elle se fait expressive ou théâtrale. À l'inverse de la pantomime blanche, il ne possède pas une image claire, identifiable, car il a trop d'images.
Un art du geste constitué ainsi d'identités techniques diverses mais repérables...
La technique pantomimique d'illusion et d'évocation des XVIIIe et XIXe siècles revisitée et développée par Marcel Marceau entre autres ; celle des grands acteurs du film muet : Chaplin, Keaton, les Marx Brothers, plus tard Tati...
celle du mime corporel d'Étienne Decroux développée depuis les années 30en relation au début avec Jean-Louis Barrault ;
celles du clown,du bouffon, du masque larvaire, du chœur antique, développées par Jacques Lecoq ; celles venues des pays de l'Est : Tomascewsky, Fialka...
les techniques traditionnelles des théâtres orientaux (Nô, Kabuki, Kathakali, danses indiennes...) jusqu'au Bûto moderne
et enfin, les techniques émergentes des compagnies gestuelles contemporaines.
... et un art du geste transversal
Par ses apports techniques identifiables, l'art du geste traverse les autres arts scéniques. N'a-t-on pas parlé de théâtre du geste chez Joseph Nadj, Philippe Decouflé (formés par ailleurs au mime), Maguy Marin,voire Pina Bausch ; au théâtre chez Kantor, Bob Wilson, ou Philippe Gen-ty aux frontières du théâtre d'objet et de la marionnette ; au cirque,avec le Cirque du Soleil, Plume ou Archaos et dans les Arts de la rue ? Ce sont ces frontières poreuses qu'alimentent la créativité réciproque des arts de représentation. Mais le fait que “tout est geste“, peut troubler parfois la compréhension et l'interprétation des descendances historiques, des influences et des courants du mime. Faut-il croire les mimes sur parole ? et Blancs... sous le masque tentent de dénouer un peu l'écheveau inextricable de cette histoire.
Publié le 2004-12-10
Source Texte : Théâtre du Mouvement (http://www.theatredumouvement.com)
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Source Artishoc : Théâtre du Mouvement - http://www.theatredumouvement.com
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